Chapitre 6 : Zélos ? What the hell ?
 



Vingt et une heures trente... Il est en retard ! Les rues se vidèrent étonnamment vite, mais je ne bougeais pas de mon banc. Assis devant l'église, regardant les rues de moins en moins noires de monde, mais ô combien obscure en cette soirée... Aussi sombre que ce qui me servait de mémoire... Qui je suis ?
 
Je me levais et marchais en rond, pourquoi est ce que je ne me rappelais rien ? Et surtout, qu'est ce que je fichais dans une prison ? Pas la moindre idée.
 
Hey ! Hurla un voix au dessus de moi.
Hein ?! 
Je regardais dans les airs. Zélos ?! Il était debout sur le toit de l'église !
Tu sais que si le prêtre te voit la haut il va tirer la tronche ? L'avertis-je
Bah ! Tant pis ! Allez, viens !
Sans trop réfléchir, je le rejoignis d'un bond. Il me fit signe de le suivre. Nous marchâmes sur le toit de l'église jusqu'à une place de pierre. Avançant dans l'obscurité croissante, je suivais l'Élu sans le moindre doute. Il savait où il allait.
 
Nous arrivâmes sur la place de pierre. Zélos s'affala sur un banc.
On est à l'abri des regards indiscrets...
Des regards indiscrets ? Tu as peur qu'on nous voie ensemble ? Demandais-je en le rejoignant.
Non, c'est surtout que je suis censé diner avec le Pontife et tout le tintouin. Le genre de choses qui me branche pas trop.
Effectivement ça doit pas être génial.
Ouais. Bon ! Vous êtes là ?  
A qui il parlait ? Zélos se leva et marcha en direction d'une ruelle.
Dame Pronyma ? Ma mignonne, vous êtes ici ?
Pronyma ? Ce nom éveillait un souvenir peu agréable en moi. Une femme sortit de la ruelle, cheveux verts et yeux violets, elle portai un sceptre et était entourée d'une espèce d'armure volante... Un flash m'éblouit, je m'écroulais.
Que lui as-tu fait ? Demanda Pronyma.
Moi ? Rien du tout. Répondit Zélos.
Alors qu'est ce qu'il fabrique ?
Aucune idée...
Ha ! Ces projets ratés, décidément ! Soupira la femme.
Moi ? Projet raté ?
Je vais t'en foutre du projet raté ! Hurlai-je en me relevant.
Je bondis, toujours aveugle en direction de Pronyma. Ma lame en rencontra une autre. La vue me revint aussitôt. Zélos avait paré mon coup. Un second flash me fit lâcher prise et je m'écroulais à nouveau. En proie à une douleur innommable, je hurlais. Soudain, des images apparurent dans ma tête.
 
Un homme aux cheveux violets portant une paire de lunettes rouges me regardait et me touchait le poignet.
Son pouls est régulier. Mais sa force reste instable.  
Un docteur ? A qui il parle. Je tente de me relever, impossible. Je suis retenu par des sangles de cuir qui me marquent la peau. Je pousse plus fort. Le docteur se décale et appelle deux gorilles qui me maintiennent contre le matelas.
Barrez vous ! Laissez moi bouger !
Les deux gorilles resserrent leur emprise. Je pousse plus fort ! Je me libère de leur étreinte et bondis sur mes jambes. Je brandis le poing et assomme le premier avant de décocher un coup de crâne au second. Le docteur appelle plus de monde et finalement, submergé par le nombre, je me laisse administrer un dose d'un produit qui me donne la nausée.
On me raccompagne dans une cellule où je vomis plusieurs fois...
Je souffre, mon exsphère brille fort, elle irradie toute la chambre... J'entends des voix :
Satané projet Angélus ! Toujours aussi instable !
Lequel ?
Les deux, de vraies saletés !
 
Encore un flash !
 
Je me réveillais sur un sol froid. Une cellule...
Mais je passe ma vie en prison dans cette histoire ! Hurlais-je.
Je tournais pendant un bon moment dans mon trou avant d'entendre des pas dans le couloir. Cellule grise, couloir gris, tout étais gris et moche.
Un homme se présente, cheveux roux, coiffés en dreadlocks et attachés à l'arrière. Il porte un gilet violet et un pantalon marron et des bottes ferrées. Il cogne contre la porte de ma cellule et grommelle. 
Alors ? Tu es réveillé ?
On dirait bien, où est ce que je suis, et t'es qui ?
Tu rigoles ? Tu ne te rappelles pas de moi ? Magnus !
Ha ben non. Rien du tout.
Les Renégats, encore ces ordures !
Je sais pas trop. Pour le moment l'ordure de service ces toi qui me retiens dérrière ces barreaux...
Tu n'a pas changé... Projet Angélus 2.
Angélus ?
Même ça tu l'a oublié ?
On dirait...
Magnus frappa les barreaux et beugla plus fort.
Ne te moques pas de moi ! Tu te souviens très bien !
Je te dis que je ne me souviens de RIEN ! Hurlais-je !
Mon cri sembla ébranler Magnus. Mon exsphère brilla et je rentrai dans une sorte de Transe.
Magnus recula et se saisit d'un énorme hache qui était posée sur le côté.
Tu vois, tu te souviens de tout ! Tu sais très bien qui tu es et ce que tu fais !
C'était faux ! Je ne savais pas ce qu'il se passait, mais mon corps savait ce qu'il fabriquait lui.
Mes mains brillèrent plus fort et finalement je décochais un violent coup de poing en direction de la porte de ma prison. Cette dernière explosa sur Magnus qui se releva aussitôt. Je me jetais sur lui et empoignais sa gorge.
Tues-moi... tu ne peux échapper à ton destin. Souviens toi : Tu es un raté !
Cette phrase acheva ce qu'il restait d'humain en moi et je le projetais au loin. Je me jettais dehors et au hasard des couloirs parvint à trouver la sortie pour m'enfuir dans la nuit...
Zélos m'avait vendu à des personnes qui en savaient trop sur moi. La question qui m'obsédait en ce sombre moment n'était plus QUI j'étais, mais CE QUE j'étais !
 
Fuir la nuit, fuir les autres, fuir...
A bout de souffle, de forces et larmes, je m'écroulais en hurlant de toutes mes forces.
Zélos ?! What the hell ?
 
Je me réveillais une nouvelle fois. Je regardais le ciel étoilé.
Projet Angélus ?
Qu'est ce que c'était ? Qu'est ce que j'étais ?
 
Papa ! Il y a un garçon allongé dans l'herbe !
Hein ?!
J'avais passé la nuit dans l'herbe ! Je me relevais et regardais l'homme qui arrivait. Blond et bien habillé, il me regarda d'un air suspicieux. Sa fille qui venait de me réveiller était elle aussi blonde et semblait contente de sa trouvaille.
Je tentais une phrase d'engagement :
Bonjour. Je suis Flint Renson, Chevalier de sa Majesté le roi de Tethe'Allah.
Tethe'Allah ? S'étonna l'homme. Ou est ce ?
Ben la grande citadelle, la ville avec le Colisée et les autres choses. Meltokio quoi.
Pardon ? Je ne vois pas de quoi vous parlez.
Avec un grand pont à côté. Mais, ça ne vous dit vraiment rien ?
L'homme secoua la tête. Puis il m'annonça qu'il se nommait Door et qu'il était le gouverneur d'une ville nommée Palmacosta, dans un pays nommé Sylvarant.
Hé ben je sens que je vais bien me marrer encore une fois...
Tout à coup, une voix me vrilla les tympans et je tombais à genoux :
« Tues l'Élue de Sylvarant ! »
Je regardais Door et lui demandais :
Ou est ce que je peux rencontrer l'Élue ?






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