
Chapitre 2 : Le laboratoire sous-terrain.
Je m'éveillai d'un étrange sommeil, je ne sa vais plus quand ni comment je m'étais endormi. Ni pourquoi. Je me sentais vide.
J'ouvris brusquement les yeux. Plafond de pierre. Des bruits inconnus tout autour de moi, surement des machines. Je me redressai et scrutais la salle dans laquelle je me trouvais. Il faisait sombre. Je me trouvais dans un laboratoire remplis d'ustensiles et de machines inconnues. J'étais assis sur une sorte de table de dissection. Le laboratoire était vide.
Je me rendis compte que j'étais torse-nu. Mes vêtements étaient accrochés non loin de moi sur un portemanteau. Mes armes étaient posées à côté. Je n'étais pas attaché et mes affaires étaient à disposition. Je n'étais donc pas prisonnier.
La porte s'ouvrit et une jeune femme aux cheveux verts entra, elle portait une blouse blanche et des lunettes. Elle parut surprise quand elle me vit debout.
- Tu penses que c'est raisonnable de se lever maintenant ?
- C'est-à-dire ? répliquais-je. Comment je suis arrivé ici ? Et puis on est ou ?
- Tu es à Sybak, dans le laboratoire sous-terrain ou sont traitées les expériences spéciales. Nous t'avons amené ici car tes capacités sont hors du commun et nous intriguent. Nous aimerions si possible les dupliquer à partir de ton ADN.
- Quel sens de la franchise, ironisai-je. Quel aperçu « étonnant » avez-vous eu de mes capacités ?
- Premièrement, poursuivit calmement la scientifique, tu semblais glisser sur l'eau, et ce à une vitesse incroyable et sans véhicule.
- Oui, réalisais-je, ça je ne l'ai pas pigé non plus.
- Deuxièmement, tu a percuté une BE de plein fouet sans recevoir ne serait-ce qu'une égratignure
- BE ?
- Barge Elémentale, c'est un véhicule qui utilise l'énergie des esprits originels. Celle que tu a percuté était garée, heureusement pour toi d'ailleurs.
- D'accord. Merci pour tout, indiquez-moi la sortie et je passe mon chemin. J'ai du boulot, ciao.
La scientifique m'arrêta d'un geste. Je ramassai mes affaires et commençai à me rhabiller.
- Une seconde. Murmura-elle.
- Je suis pressé ! tonnai-je
- Vous avez parlé dans votre sommeil.
Je sentais comme un piège se refermer sur moi. J'avais l'impression qu'on me manipulait. J'accrochai mon épée et mon arbalète à ma ceinture.
- Je suis très bavard au lit. Ironisai-je.
- Vous avez dis des choses très intéressantes...
La sensation d'oppression se faisait de plus en plus forte. Je posai une main sur la garde de mon épée. Je devais sortir.
- Je suis très éloquent quand je veux.
- Vous avez dit quelque chose qui me permet d'établir une hypothèse des plus intéressantes
Une porte s'ouvrit derrière moi. Instinctivement, je brandi mon arbalète dans cette direction.
- Vous savez que c'est mauvais pour les relations humaines de tourner autour du pot de cette manière ?
- Vous avez évoqué une tache dont peu de personnes pourraient avoir l'idée.
Un soldat en armure grise imposante armé d'une fourche et suivi d'une flopée de soldats dans le même équipement.
- Qu'ai-je dis ? demandais-je, inquiet.
- Vous avez dit que vous souhaitiez tuer l'Elue de Sylvarant.
- Oui, pourquoi ?
- Dans ce cas, nous sommes dans le même camp.
- Je suis pas sur de ça. Je serai dans votre camp, je vous menacerai pas à coup de guignols en armure.
Les guignols en armures grognèrent et murmurèrent entre eux. J'avais le sentiment d'avoir repris le dessus.
- Je m'appelle Kate. Je souhaiterais que vous me parliez de vous.
- Ce sera rapide ! Je m'appelle Flint Renson, amnésique de profession, issu d'une prison au fin fond d'une région glaciale. Ma spécialité est la perte de mémoire chronique. J'aime les filles brunes aux cheveux courts, les diners aux chandelles et les balades nocturnes au bord de la mer ! Voila !
- Donc vous êtes amnésique ?
- Oui.
- Et vous venez d'une prison de la région de Flanoir.
- Peut être.
- Pour tuer l'Elue de Sylvarant.
- Jackpot.
- Pourquoi ?
- Heu...
Je réfléchis : Si je lui disais la vérité, comme quoi j'avais obéi à un ordre donné par une voix inconnue sans raison aucune et surtout que je n'étais même pas sur que cet ordre soit une bonne chose... Elle me prendrait pour un schizophrène bien atteint. Je choisi une option plus sure.
- Raison personnelle.
- De toutes manières, c'est sans importance. Dernière chose : Comment connaissez-vous l'existence de Sylvarant ? L'autre monde est censé être un secret détenu par les scientifiques de haut rang, la famille royale et les espions royaux.
- Je vous l'ai dit : Je suis amnésique.
Kate soupira. Elle réfléchit un instant. J'avais faim et cette discussion me mettait mal à l'aise. Les soldats avaient disparus de la même manière qu'ils étaient venus. Et je ne voyais pas la porte qu'ils avaient empruntée. Kate me posa alors une question étonnamment anodine :
- Tu as faim ?
- Un peu ouais. Répondis-je.
La scientifique se dirigea vers la porte elle se retourna vers moi et me lança avec un clin d'œil :
- Vous aimez les brunes aux cheveux courts c'est bien ça ?
- Si elles on bon caractère seulement.
Elle appela une certaine Nora. Ladite Nora se révéla être une superbe étudiante, brune aux cheveux courts et aux yeux bleus. Elle me conduit à la cafétéria, une vaste salle emplie de tables, de chaises et d'étudiants.
Nora m'expliqua que Sybak était une cité étudiante dont l'attraction principale était le centre de recherches universitaire.
- Tu as des questions ? Tu peux me poser n'importe qu'elle question ! En général, j'ai la réponse.
- Que sont Sylvarant et Tethe'Alla ?
- Ha oui ! C'est vrai que tu es amnésique. Sylvarant et notre monde sont deux mondes liés par un flux de Mana qu'ils se disputent continuellement. Si un monde prospère en matière de Mana, l'autre décline. Pour réguler cela, il existe dans les deux mondes ce qu'on appelle le périple de la Régénération. Ce voyage consiste à ouvrir des sceaux pour libérer du Mana. Au moment ou le périple commence, la Tour du Salut s'élève. Un Elu doit alors aller prier dans tous les sceaux pour régénérer son monde. L'existence de Sylvarant n'a pas été révélée au grand jour, aussi je te demanderais d'être discret.
Un serveur nous apporta nos plats, Nora avait commandé un risotto, quand à moi, j'avais choisi une salade de fruit et des boulettes de riz.
- Donc ma mission est d'empêcher le périple de la Régénération dans l'autre monde ?
- C'est ça !
- C'est une sorte de... meurtre.
- Le roi n'en a que faire, si nous voulons survivre, il faut payer un prix.
- C'est vrai. Acquiesçai-je, comment le roi choisit-il des personnes dignes de confiances et capables de résister et de tuer ?
- Un tournoi va être organisé au Colisée à Meltokio, notre capitale. Les deux vainqueurs seront envoyés à Sylvarant. Evidemment, il y a une grosse récompense à la clé. Tu penses pouvoir t'en sortir ?
- Je ne sais pas... Je devrais peut être m'entrainer un peu.
- Kate dit qu'avec l'exsphère que tu possèdes, ta victoire est assurée.
- Je ne sais pas vraiment m'en servir.
- Tu rigoles ? Je t'ai vu glisser sur l'eau à une vitesse hallucinante ! Et tu t'es mangé la BE qu'on rentrait dans le garage...
Peu après, je sortis de Sybak accompagné de Kate, Nora et d'une petite fille aux cheveux roses coiffés en deux couettes. Elle trainai ne lourde hache et elle était vêtue comme un bucheron. Elle ne devait pas avoir plus de douze ans.
Kate me présenta :
- Préséa, voici Flint. Flint, je te présente Préséa.
- Bonjour Flint, répondit-elle d'une vois neutre.
- Heu... Salut.
- Préséa, Flint a un examen important et il doit s'entrainer. Alors affronte-le et ne lésine pas. Il est très fort.
- Bien. Répondit-elle de la même vois neutre.
- Et... Elle cause tout le temps comme un robot ?
- Je 'expliquerai plus tard.
- Je ressens un sarcasme. Annonça la vois neutre
- Bravo madame Irma ! D'autres prédictions ?
- Flint ! me réprimanda Nora.
- Pardon. Plus sérieusement, je dois vraiment la frapper ? C'est une gamine !
- Elle possède une exsphère spéciale, ne lambine pas ou elle s'occupera de toi.
Je regardai tour à tour Kate et Préséa... Kate me faisait plus peur que l'autre. Je tournai mon regard vers Kate prêt à demander si c'était une farce quand je senti quelque chose bouger sur ma gauche. Par reflexe, je levai mon épée et parai un coup de hache. La petite fille était en garde et me fixai.
Je bondis, épée dans la main droite, arbalète dans la main gauche.