
Chapitre 4 : L'Arbre de l'Espoir.
J'entrais dans une salle remplie d'étagères ou trônaient armes de tous types. Des dizaines d'armes, de l'épée à la hache, de l'arc au grappin. Je regardai, fasciné, la quantité incroyable d'armes. Un garde en armure m'arrêta :
- Votre nom ?
- The Lonely Knight. Répondis-je.
- Bien, votre nom est sur la liste, votre amie reste dehors.
Nora me fit un petit signe de la main. Elle souriait, elle avait confiance en moi. Elle voulait me voir réussir et devenir quelqu'un de bien. Voila tout ce que disait son sourire. Je lui répondis avec un sourire qui devait la rassurer, il la fit mourir de rire. J'entendis le mot « grimace »... Elle riait aux larmes. C'était mieux comme ça.
Un tableau des combats était affiché, je combattais contre cinq personnes, pour se qualifier au second match, il fallait d'abord remporter le premier et ainsi de suite.
La salle était remplie de combattants, je ne prêtais aucune attention à savoir qui j'allais combattre. Un jeune homme entra dans la salle et demanda « The Lonely Knight ». Je me précipitai vers lui.
- Voici votre bouclier, messire. Dit-il en s'agenouillant et en me tendant une boite en fer blanc.
- Merci, mais pourquoi « messire » ? demandais-je mal à l'aise en sentant des dizaines de regards tournés vers moi.
- Vous êtes bien chevalier ?
- Non ! Pas du tout. C'est juste un pseudonyme, relevez-vous ! paniquais-je.
Le coursier se releva d'un bon, aussi mal à l'aise que moi. Il sortit, penaud. Je riais, le comique de la situation m'avait échappé au début, mais finalement, ce n'était pas si mal. Je tirai mon bouclier de l'énorme écrin. Il était magnifique.
Il avait la forme d'un bouclier d'armoiries, son fond était ocre, un peu doré, l'arbre était plus vrai que nature et l'épée magnifiquement reproduite. Les petites sphères semblaient luire. Je le posai au sol, il m'arrivait à la taille. Finalement, je le fixai sur mon bras gauche. Il était plus léger que la boite en fer blanc...
Dans la boite en fer blanc, une note.
Ce bouclier conçu spécialement pour le combat pur et dur est fait à la demande de Myriam pour son prince charmant, The Lonely Knight. Veillez, Chevalier à en prendre le plus grand soin. Ce bouclier est indestructible et fait de minerai inhibiteur et de bien d'autres matériaux précieux et rares. Il se nomme l'Arbre de l'Espoir.
Avec tout mon respect le plus sincère,
Altessa.
Myriam... C'était la fille de l'accueil ! Je me sentis rougir. Je lui plaisais, et ben zut alors ! C'était agréable et à la fois gênant.
Un bruit de cloche retentit. C'était l'appel. Tout le monde se précipita vers la porte.
Nous entrâmes tous sur le terrain, chevaliers, magiciens, guerriers et plein d'autres types de combattants se trouvaient là. Des femmes, des hommes, jeunes, vieux. L'arène était géante. Ronde, faite en pierre, du sable au centre, la ou se déroulaient les combats. Le soleil tapait fort et rendait la vue du sable insupportable
Nous étions quatorze combattants. Nous nous mîmes en ligne pour recevoir notre numéro. Je regardais mon bouclier tout neuf et rutilant. Ce symbole m'était de plus en plus familier et me disait quelque chose. Lorsque le préposé aux numéros me remit le mien, je regardai la petite plaque de cuivre.
Numéro 13.
- Bonne chance, monsieur le chevalier, ironisa une voix féminine.
- Hein ?
La jeune femme qui venait de se moquer de moi était le numéro quatorze. Elle était vêtue d'une sorte de robe décolletée violette. Une ceinture de kimono lui enserrait la taille. Elle avait les cheveux bruns coiffés en arrière. Elle avait les yeux marron. Elle devait avoir deux ou trois ans de plus que moi.
Evidemment, je ne pus résister à la provocation et partit au quart de tour.
- Merci monsieur... Ha ! Vous étiez une femme ?! En même temps, au vu de votre odeur, j'ai cru à un sanglier.
Elle voulut répondre, quand, soudain, un homme à la voix puissante annonça le début des épreuves.
- Bienvenue à vous, chers spectateurs ! Vous voici au Colisée pour assister à un tournoi différent de tous ceux que vous avez pu voir jusqu'à présent. Le Tournoi Royal ! Nous saluons la famille royale, le Pontife et l'Elu qui sont venus assister à ces combats. A l'issue de ce tournoi, pas de finale. Les deux meilleurs guerriers seront sélectionnés pour une mission spéciale dont personne, pas même eux ne connaît la nature. Êtes-vous prêts ?
Une clameur démentielle jaillit des tribunes. J'observai la loge réservée aux nobles. Le Pontife devait être le petit gros avec un visage malhonnête. Le Roi, surement le plus reconnaissable d'entre eux portait un long manteau rouge et une couronne étincelante. La princesse était quand à elle parée de joyaux et vêtue d'une robe aux tissu fin et doré. Elle gloussait aux côtés d'un jeune homme habillé en rose, arborant une dague sur son pantalon blanc. Il avait une longue chevelure rousse qui n'était pas sans me rappeler quelque chose. Son regard bleu et perçant croisa le mien. Il avait cessé de sourire comme un crétin et de draguer la princesse.
Le présentateur appela les numéros quatorze et neuf.
Je fis un sourire à ma rivale en allant me ranger dans les gradins.
- A ma gauche, Sheena Fujibayashi, du village de Mizuho... Contre, à ma droite, Melchior Barlus, magicien vagabond.
Le Melchior était très barbu, il portait une blouse bleue et verte d'un gout bien passé. Il tenait dans sa main gauche un livre noir, et dans sa main droite, un sceptre de bois.
Sheena, quand à elle se tenait droite, une carte dans chaque main.
Cartes ? Surement de la magie...
Au signal du présentateur, le magicien planta son bâton dans le sol et envoya un éclair sur Sheena :
- Foudre !
Sheena esquiva adroitement et bondit devant l'homme et le projeta dans une myriade de cartes enflammées.
- Pyro-Sceau.
Le magicien s'envola et frappa le côté de l'arène avec son crâne. Il se releva, il saignait de la tête. Apparemment fâché, il envoya une salve de boules de feu.
- Boules de feu !
Sheena para et bondit dans sa direction, elle le frappa plusieurs fois avec ses cartes. En fait, ça avait l'air de faire mal, car le vieillard s'écroula.
- Vainqueur, Sheena Fujibayashi ! Le présentateur semblait surexcité. Sheena nous a fait une démonstration de ses incroyables pouvoirs, elle se qualifie pour la seconde manche !
Sheena s'installa dans les gradins, derrière moi.
Je regardai encore l'Elu... Il n'avait pas décollé ses yeux de moi. Il lâcha un morceau de papier du haut de la loge surélevée des aristocrates.
Je fis semblant d'aller au WC et ramassais le papier au passage.
Une fois à l'abri des regards, je dépliais le petit rectangle de papier.
Rejoins-moi ce soir à 21 heures devant l'Eglise.
Je roulais le papier en boule, l'avalais et retournais dans les gradins.
L'Elu avait cessé de me regarder.
Le présentateur appela :
- Les numéros un et treize !