Chapitre 5 :
Le discours du Chevalier...


- A ma gauche, Firmin Dracos, dit le dompteur de Dragons, et à ma gauche, Flint Renson, le chevalier solitaire, The Lonely Knight. En garde... Allez.

Mon adversaire montait un vouivre. Il portait une armure de fer et maniait une lance dont la pointe représentai un dragon. L'air de rien, j'étais légèrement dans la mouise. Il volait assez haut pour que je ne puisse pas l'atteindre en sautant... Avec mon épée... Je me saisis de mon arbalète et tirai un carreau. Je déstabilisai ainsi le cavalier.

Le vouivre était un dragon pourpre, cornu et aux dents acérées. Je décochai un second carreau lorsque le cavalier bondit à terre. Il fit tournoyer sa lance et frappa, je parai de mon épée et ripostai par un coup de pied. J'enchainai aussitôt avec un Canon Lance de Lumière. Le vouivre survolait l'arène et crachai des salves de souffle électrique. Je pouvais les stopper grâce à mon bouclier.
Le cavalier bondit dans ma direction et me frappa de sa lance, bondit en l'air et descendit en flèche dans ma direction :
- Envol du Faucon !
Il ne put descendre complètement car je le stoppai à l'aide de mon arbalète et de ses carreaux, d'ailleurs en parlant des carreaux, j'en avais de moins en moins. A peine une douzaine.

Je parai une autre salve de souffle électrique me jetais à terre, à plat ventre lorsque le vouivre descendit en piquée, toutes griffes dehors et me rafla le dos.
Je voulus me saisir d'un carreau. Je ne trouvais rien. Je regardai en l'air, le vouivre venait de balancer mon carquois hors de l'arène. Firmin se lança sur moi. Je parai sa lance, il amena son, visage prés du mien.
- Pourquoi tu combats, petit ? demanda t'il.
- Hein ?!
- Tu as bien une raison pour combattre.
Il força plus fort sur sa lance, m'aplatissant encore plus.
- Je combats pour ce en quoi je crois !
- Est tu sur de croire en la bonne cause ? Est tu sur que tes convictions soient les bonnes ?
- Bonnes ou mauvaises... Des convictions restent des convictions !

Je me dégageai, bondit en arrière, et lançai mon arbalète dans son visage. Firmin esquiva et bondit sur le dos de son dragon. Il s'envola.
Je pris de l'élan et commençait à glisser sur le sol. Prenant peu à peu de la vitesse, je fis le tour de l'arène, de plus en plus vite.
Il allait voir ! J'allais lui apprendre à juger les convictions des autres. Je bondis et me portai à sa hauteur. Il ouvrait de grands yeux incrédules. Toute la foule en bas était ébahie. Seul l'élu ne semblait pas étonné. Je frappai la tête du dragon de mon épée et giflai Firmin de mon bouclier.

Je retombai sur le sol avec facilité. Firmin roula en tombant mais se releva et me fonça dessus en un éclair. Il frappa de sa lance, je parai et maintint son arme contre la mienne.
- Et toi ? rugis-je, qui est tu pour juger ce qui est bien ou mal ?
- Hein ?!
- Peut être que juger c'est mal ! Est tu vraiment sur que ce que tu fais est bien ?
Je vis ses yeux s'agrandir au travers des fentes de son casque. Je fit tournoyer mon épée et sa lance quitta ses mains pour finir dans les gradins. Je frappai plusieurs fois son épaule droite pour que le côté droit de l'armure tombe.
- Il n'est pas du ressort de l'être humain de juger ce qui bien ou mal !
Je frappai le côté gauche de son armure et le brisai en trois coups.
- Tu n'es qu'un humain, tu n,'es pas né pour jouer au petit juge, le droit de juger est réservé à la classe noble, aux anges et à la Déesse Martel !
J'étais emprunt d'une rage sans nom, je frappai de plus en plus fort et éclatai son casque, révélant un visage de quarantenaire, ridé, chauve et plein de larmes.
- Que son nom soit sanctifié...
Sur ces mots, je jetai le corps de mon adversaire au sol. Un silence gênant avait envahi le Colisée.
Tout à coup, le dragon se releva et bondit dans ma direction. J'esquivai l'assaut d'un pas de côté. Je parai ensuite son souffle électrique avec mon bouclier. Je me retournai en un éclair et balançais mon épée. Le dragon s'écroula juste devant moi. Je retirai mon épée de son crâne, la fit tournoyer et la rangeais dans son fourreau.

La foule qui s'était tue jusque la me regarda avec de grands yeux. C'était un peu gênant. Tout à coup, deux personnes se levèrent dans les tribunes.
Myriam m'applaudit :
- Bravo !
Je souris, j'avais légèrement peur d'avoir traumatisé la famille royale. Mais non, le Roi souriait de toutes ses dents, la princesse gloussait, le Pontife hochai la tête. Et l'Elu s'était levé.
- Bravo ! Bien joué, Chevalier ! Applaudissez-le ! Bravo Flint !

Des applaudissements et des clameurs emplirent le Colisée.

A peine entré dans les gradins, tout le monde, applaudit de plus belle. Un jeune page vint me voir, le Roi souhaitait me voir.

Arrivé dans la loge des nobles, je ne savais pas trop où me mettre. Le Roi me regardai d'un air bien veillant, la princesse gloussait (c'était franchement un reflexe...). L'Elu me mit tout de suite à l'aise :
- Bienvenue Chevalier ! C'était excellent ! Bien joué ! On reconnaît bien là le style de baratin que les chevaliers nous rabâchent sans cesses !
- Heu... En fait, je ne suis pas chevalier. Répondis-je, embêté.
- Pas chevalier ? demanda la Princesse. Mais on vous appelle le Chevalier Solitaire.
- C'est juste un pseudonyme, Princesse.
- He bien, puisque c'est ainsi, je te fais Chevalier ! annonça le Roi de sa Voix grave.

Sans un mot, il désigna mon épée, je la lui tendis. Il me toucha les deux épaules avec la lame.
- Me jures-tu fidélité, obéissance et loyauté ?
- Oui mon Roi.
- Jures-tu de défendre la veuve et l'orphelin ?
- Oui mon Roi, je le jure.
- Sur cette épée, je te fais Chevalier du Roi de Tethe'Alla. Tu seras The Lonely Knight, sous mes ordres et ma protection. Ton blason symbolisera ta noblesse.
- Merci, votre Majesté.
- Cette cérémonie fait un peu... vieillot, come dirai notre Elu.

L'Elu en question me sourit. Il se tourna vers l'arène :
- Il ne reste plus qu'un combat ! Ils viennent d'en expédier quatre !
- Vraiment ? demanda le Roi.
- Oui, ils se sont méchamment cartonnés.
- Soit. Flint, c'est bien ça ? Je souhaitais te parler de ce discours que tu as récité dans l'arène, il était splendide. Le Pontife lui-même en a été ému ! C'était fantastique, vous avez parfaitement compris les pensées de l'Eglise.
- Oui, admit le Pontife. Ce discours était... digne d'un chevalier, il n'y a pas de mot pour définir la noblesse de vos pensées. Vous êtes quelqu'un de pieux et noble. Vous serez toujours le bienvenu dans nos églises.

Apres m'être fait congratuler pendant une bonne demi-heure. Le roi me congédia, j'étais content, je m'étais fait remarquer dans le bon sens. La princesse n'avait cessé de glousser (quand je vous dis que c'est un reflexe...), et l'Elu s'était montré très sympathique. Je descendais l'escalier qui menait des loges royales jusqu'aux tribunes classiques.

A peine descendu, Myriam se jeta sur moi, elle semblait anxieuse et on la voyait soulagée de me revoir, elle me regarda d'un air plein d'angoisse, elle ne semblait pas oser m'adresser la parole... Peut être s'était t'elle sentie trop entreprenante en m'offrant ce bouclier. Je la regardai... Elle avait des cheveux châtains roux qui tombaient en cascade sur ses épaules. De grands yeux verts lui mangeaient le visage. Elle était vraiment jolie. Je me décidai à parler le premier.
- Merci pour le bouclier, c'était vraiment gentil.
- Ce n'est rien, répondit-elle avec un sourire soulagé. Tu sais, j'ai eu peur pour toi lors du combat. Mais tu as repris le dessus et tu lui a fait comprendre que ses pensées étaient mauvaises.
- Il fallait bien qu'un redresseur de torts vienne lui botter le derche.
- De... Demain soir, après le tournoi... Tu fais quelque chose ?
- Non, si tu veux, on peut se voir. Disons... Juste après le dernier match.
Des étoiles s'allumèrent dans ses yeux, elle semblait ravie. Elle sourit largement et se jeta dans mes bras, je fus trop surpris pour réagir. Et encore plus tétanisé lorsqu'elle posa ses lèvres sur les miennes. Avant même de m'en rendre compte, elle avait disparu. Envolée telle une hirondelle, insaisissable.

Tous les combats étaient terminés, les derniers combats se dérouleraient le lendemain... Il n'y aurait pas de finale, puisque le Roi voulait deux hommes de liges sur Sylvarant.

Je devais maintenant aller voir ce fameux Elu. Je sortis de Colisée. La nuit tombante était fraiche.

J'en étais sur. Je combattais pour ce en quoi je croyais... Restait à savoir ce que ça cachait...






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